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BPU, DPGF, DQE : le bordereau de prix

Le prix se joue sur un tableur, pas sur une plaquette. BPU, DQE, DPGF : ces trois sigles désignent la façon dont vous chiffrez votre offre, et une erreur de forme y coûte aussi cher qu'une erreur de fond. Voici le rôle de chaque pièce, quand elle s'applique, ce qui vous engage, et comment remplir le bordereau sans vous faire écarter.

Guide pratique · mis à jour en juillet 2026 · par les équipes Palmio

1. BPU, DQE, DPGF : à quoi sert chaque pièce

Ces trois documents servent à exprimer et à comparer les prix, mais ils ne jouent pas le même rôle. La distinction tient à la forme du prix voulue par l'acheteur : unitaire (le montant dépend des quantités réellement commandées) ou forfaitaire (un montant global figé). Vue d'ensemble :

PièceRôleForme de prixValeur
BPUPrix à l'unité de chaque prestationPrix unitaireContractuel
DQEBPU appliqué à des quantités estimées, pour comparer les offresPrix unitaireGénéralement non contractuel
DPGFDécomposition d'un prix global figéPrix forfaitaireEngage sur le total

En résumé : BPU et DQE fonctionnent en binôme pour les marchés à prix unitaires ; la DPGF s'emploie pour les marchés à prix forfaitaire. C'est toujours l'acheteur qui fixe la forme du prix et fournit la pièce à remplir dans le DCE.

2. Le BPU : le bordereau des prix unitaires

Le BPU liste chaque prestation ou produit et lui associe un prix à l'unité : au mètre carré, à la tonne, à l'heure, à l'intervention, etc. Dans un marché à prix unitaires (souvent un marché à bons de commande ou un accord-cadre), les quantités ne sont pas figées : vous êtes payé au fur et à mesure, en appliquant vos prix unitaires aux quantités réellement commandées.

Le BPU est une pièce contractuelle : annexé à l'acte d'engagement, il fixe les prix qui s'appliqueront pendant toute la durée du marché. D'où l'importance d'un chiffrage tenable dans le temps : un prix unitaire trop bas se paie sur chaque commande, un prix trop haut vous fait perdre des points au jugement.

3. Le DQE : le détail quantitatif estimatif

Le DQE complète le BPU en y ajoutant des quantités estimées par l'acheteur. En multipliant prix unitaires et quantités, il produit un total qui permet de comparer les offres sur une base commune : c'est lui qui sert le plus souvent à noter le critère prix.

Le DQE est généralement non contractuel : les quantités qu'il contient sont des hypothèses, pas un engagement de commande. Ce sont vos prix unitaires (le BPU) qui vous engagent. Attention toutefois : comme le DQE décide de votre note prix, une incohérence entre BPU et DQE, ou une erreur de report, peut vous coûter le marché.

À retenir : le total du DQE ne dit pas ce que vous encaisserez (les quantités réelles varieront), mais il dit comment votre prix sera jugé face aux concurrents. Optimisez la structure de vos prix unitaires en tenant compte des quantités estimées, sans jamais rendre un BPU incohérent avec le DQE.

4. La DPGF : le prix global et forfaitaire

La DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) s'emploie quand le marché est à prix forfaitaire : vous vous engagez sur un montant global pour un périmètre défini, dû quelle que soit la quantité de travail réellement fournie. La DPGF n'invente pas ce montant : elle le décompose poste par poste, pour montrer comment il est construit.

Contrairement au DQE, le total de la DPGF vous engage : c'est votre offre financière. Cette forme est fréquente en travaux et en BTP, où le besoin est précisément défini. Le risque de quantités bascule alors sur l'entreprise : un poste sous-estimé n'est pas rattrapé par une commande supplémentaire, il pèse sur votre marge.

5. Prix unitaire ou forfaitaire : lequel s'applique

Vous ne choisissez pas : la forme du prix est imposée par l'acheteur dans les documents du marché, principalement le CCAP et l'acte d'engagement, et la pièce à compléter (BPU, DQE ou DPGF) est fournie dans le DCE. Un même marché peut d'ailleurs mêler les deux formes selon les lots ou les postes.

Le premier réflexe est donc de lire le CCAP pour savoir sur quelle forme de prix vous vous engagez, avant même de commencer à chiffrer. Pour resituer le bordereau dans l'ensemble de l'offre, voyez notre guide pour répondre à un appel d'offres public.

6. Remplir le bordereau sans se faire écarter

Le bordereau est presque toujours un tableur fourni dans le DCE. Quelques règles évitent l'essentiel des mauvaises surprises :

  1. Respectez le fichier fourni : ne modifiez ni sa structure, ni les intitulés, ni l'ordre des lignes. Remplissez uniquement les cellules de prix prévues.
  2. Complétez chaque ligne : une case vide crée une ambiguïté qui peut rendre l'offre irrégulière, et un zéro peut être lu comme un prix non renseigné.
  3. Vérifiez la cohérence des totaux : le montant du bordereau doit correspondre à celui porté à l'acte d'engagement. Une discordance est un motif classique de rejet.
  4. Contrôlez les calculs : arrondis, formules du tableur, report des sous-totaux. Une erreur arithmétique se voit et se paie.
  5. Justifiez un prix agressif : une offre suspectée anormalement basse n'est pas rejetée d'office, mais l'acheteur vous demandera des justifications écrites avant de trancher. Préparez-les.
Bon réflexe : le prix se juge le plus souvent avec la valeur technique. Un bordereau soigné se lit en miroir du mémoire technique : ce que vous promettez sur le fond doit être cohérent avec ce que vous chiffrez.

7. Les erreurs qui coûtent des points

Un bordereau juste, cohérent avec votre offre.

Palmio prépare votre réponse à partir du DCE, mémoire technique et pièces de prix comprises, en gardant la cohérence entre ce que vous promettez et ce que vous chiffrez. Vos équipes ajustent les prix, sans repartir d'une page blanche.

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Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. La forme des prix et les pièces à remettre relèvent du Code de la commande publique et des documents propres à chaque consultation ; référez-vous au CCAP, au règlement de la consultation et au tableur fourni dans le DCE.