BPU, DPGF, DQE : le bordereau de prix
Le prix se joue sur un tableur, pas sur une plaquette. BPU, DQE, DPGF : ces trois sigles désignent la façon dont vous chiffrez votre offre, et une erreur de forme y coûte aussi cher qu'une erreur de fond. Voici le rôle de chaque pièce, quand elle s'applique, ce qui vous engage, et comment remplir le bordereau sans vous faire écarter.
- BPU, DQE, DPGF : à quoi sert chaque pièce
- Le BPU : le bordereau des prix unitaires
- Le DQE : le détail quantitatif estimatif
- La DPGF : le prix global et forfaitaire
- Prix unitaire ou forfaitaire : lequel s'applique
- Remplir le bordereau sans se faire écarter
- Les erreurs qui coûtent des points
- Questions fréquentes
1. BPU, DQE, DPGF : à quoi sert chaque pièce
Ces trois documents servent à exprimer et à comparer les prix, mais ils ne jouent pas le même rôle. La distinction tient à la forme du prix voulue par l'acheteur : unitaire (le montant dépend des quantités réellement commandées) ou forfaitaire (un montant global figé). Vue d'ensemble :
| Pièce | Rôle | Forme de prix | Valeur |
|---|---|---|---|
| BPU | Prix à l'unité de chaque prestation | Prix unitaire | Contractuel |
| DQE | BPU appliqué à des quantités estimées, pour comparer les offres | Prix unitaire | Généralement non contractuel |
| DPGF | Décomposition d'un prix global figé | Prix forfaitaire | Engage sur le total |
En résumé : BPU et DQE fonctionnent en binôme pour les marchés à prix unitaires ; la DPGF s'emploie pour les marchés à prix forfaitaire. C'est toujours l'acheteur qui fixe la forme du prix et fournit la pièce à remplir dans le DCE.
2. Le BPU : le bordereau des prix unitaires
Le BPU liste chaque prestation ou produit et lui associe un prix à l'unité : au mètre carré, à la tonne, à l'heure, à l'intervention, etc. Dans un marché à prix unitaires (souvent un marché à bons de commande ou un accord-cadre), les quantités ne sont pas figées : vous êtes payé au fur et à mesure, en appliquant vos prix unitaires aux quantités réellement commandées.
Le BPU est une pièce contractuelle : annexé à l'acte d'engagement, il fixe les prix qui s'appliqueront pendant toute la durée du marché. D'où l'importance d'un chiffrage tenable dans le temps : un prix unitaire trop bas se paie sur chaque commande, un prix trop haut vous fait perdre des points au jugement.
3. Le DQE : le détail quantitatif estimatif
Le DQE complète le BPU en y ajoutant des quantités estimées par l'acheteur. En multipliant prix unitaires et quantités, il produit un total qui permet de comparer les offres sur une base commune : c'est lui qui sert le plus souvent à noter le critère prix.
Le DQE est généralement non contractuel : les quantités qu'il contient sont des hypothèses, pas un engagement de commande. Ce sont vos prix unitaires (le BPU) qui vous engagent. Attention toutefois : comme le DQE décide de votre note prix, une incohérence entre BPU et DQE, ou une erreur de report, peut vous coûter le marché.
4. La DPGF : le prix global et forfaitaire
La DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) s'emploie quand le marché est à prix forfaitaire : vous vous engagez sur un montant global pour un périmètre défini, dû quelle que soit la quantité de travail réellement fournie. La DPGF n'invente pas ce montant : elle le décompose poste par poste, pour montrer comment il est construit.
Contrairement au DQE, le total de la DPGF vous engage : c'est votre offre financière. Cette forme est fréquente en travaux et en BTP, où le besoin est précisément défini. Le risque de quantités bascule alors sur l'entreprise : un poste sous-estimé n'est pas rattrapé par une commande supplémentaire, il pèse sur votre marge.
5. Prix unitaire ou forfaitaire : lequel s'applique
Vous ne choisissez pas : la forme du prix est imposée par l'acheteur dans les documents du marché, principalement le CCAP et l'acte d'engagement, et la pièce à compléter (BPU, DQE ou DPGF) est fournie dans le DCE. Un même marché peut d'ailleurs mêler les deux formes selon les lots ou les postes.
- Prix unitaires quand les quantités sont incertaines ou variables dans le temps : maintenance, fournitures récurrentes, prestations à la demande.
- Prix forfaitaire quand le besoin est précisément arrêté : un ouvrage, une prestation au périmètre figé.
Le premier réflexe est donc de lire le CCAP pour savoir sur quelle forme de prix vous vous engagez, avant même de commencer à chiffrer. Pour resituer le bordereau dans l'ensemble de l'offre, voyez notre guide pour répondre à un appel d'offres public.
6. Remplir le bordereau sans se faire écarter
Le bordereau est presque toujours un tableur fourni dans le DCE. Quelques règles évitent l'essentiel des mauvaises surprises :
- Respectez le fichier fourni : ne modifiez ni sa structure, ni les intitulés, ni l'ordre des lignes. Remplissez uniquement les cellules de prix prévues.
- Complétez chaque ligne : une case vide crée une ambiguïté qui peut rendre l'offre irrégulière, et un zéro peut être lu comme un prix non renseigné.
- Vérifiez la cohérence des totaux : le montant du bordereau doit correspondre à celui porté à l'acte d'engagement. Une discordance est un motif classique de rejet.
- Contrôlez les calculs : arrondis, formules du tableur, report des sous-totaux. Une erreur arithmétique se voit et se paie.
- Justifiez un prix agressif : une offre suspectée anormalement basse n'est pas rejetée d'office, mais l'acheteur vous demandera des justifications écrites avant de trancher. Préparez-les.
7. Les erreurs qui coûtent des points
- Modifier le tableur fourni (ajout ou suppression de lignes, changement de formules) : l'offre devient difficile à comparer, voire irrégulière.
- Lignes oubliées ou à zéro sans explication.
- Incohérence entre BPU, DQE, DPGF et acte d'engagement.
- Erreurs de calcul : arrondis, unités (prix à l'heure confondu avec prix à la journée), report de sous-totaux.
- Prix anormalement bas non justifiable, qui fragilise l'ensemble de l'offre.
- Chiffrage non tenable sur la durée d'un marché à bons de commande, où chaque prix unitaire s'applique commande après commande.
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Réserver une démoCe guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. La forme des prix et les pièces à remettre relèvent du Code de la commande publique et des documents propres à chaque consultation ; référez-vous au CCAP, au règlement de la consultation et au tableur fourni dans le DCE.